Cela fait maintenant 3 ans que je souhaite écrire sur les apprentissages autonomes sans savoir comment m'y prendre et par quel bout commencer.

Je m'étais dis que je pourrais vous faire la présentation d'ouvrages référencés en la matière tel que "Apprentissages autonomes" de john Holt, "Libre d'apprendre" de Pam Laricchia, "Libres enfants de Summerhill de A.S Neill... Mais le fait est que chacun de ces supports me semblent tellement évident qu'il m'est réellement difficile de les présenter, de les résumer, tant ils me semblent tous couler de source...

Cependant, une anecdote aujourd'hui me pousse à l'écriture, ce qui n'est clairement pas mon rayon. Je vous prie d'avance de bien vouloir pardonner mes maladresses et solicite votre indulgence.

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Sur un forum de discussion dont le sujet prédominant sont les pédagogies alternatives, une internaute se questionne sur l'achat d'un matériel scientifique spécifique. Sujet que je suivais avec intérêt.

Puis la conversation a dévié sur la manière dont les familles en IEF faisait pour expliquer à leurs enfants ce qu'ils voyaient au travers d'un microscope. Si elles avaient des compétences en la matière, des contacts, des supports...

J'ai spontannément répondu qu'ils existaient des livres dans lesquels trouver les références voulues mais qu'il suffirait seulement de contacter une personne ressource quand le questionnement se présentera. Cette maman s'est alors inquiétée de ne pas avoir de scientifiques autour d'elle et par conséquent souhaitait connaître les ressources des autres familles. Ce qui est tout à fait compréhensible!

Cependant cette réponse m'a pertubé au point d'avoir besoin d'écrire sur le sujet.

Plusieurs questions m'assaillaient: Pourquoi anticiper de telles questions alors que l'enfant ne s'est pas encore intéressé à ce sujet? Pourquoi le priver de faire la recherche par lui-même ou de la vivre en partenariat avec lui?

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Je tentais donc de partager le fait que c'est la démarche qui mène à la découverte/réponse qui est de l'ordre de l'apprentissage et non le simple fait de "savoir"( pour la simple et bonne raison que l'on oublie aisément une réponse, rarement un procédé).

Je me suis alors rendue compte que ce qui me semblait si évident, naturel, ou normal, pouvait ne pas l'être voir être angoissant pour d'autres.

La peur de ne pas savoir, de ne pas connaître la réponse est ancrée chez bon nombre de parents. Le besoin d'enseigner afin que l'enfant ait les bonnes réponses et puisse rester dans les clous, me pertube et me touche énormément. Cela me rapelle à quel point notre population a été abîmé dans sa construction intrapersonnelle, a perdu sa confiance en elle et en ses capacités de savoir être et de savoir faire.

Je me souviens lors d'une formation à Paris à l'ISMM (Institut Supérieur Maria Montessori) de mon émotion lorsque j'ai compris que 80= 4 20 (4*20), 90= 4 20 10 (4*20+10), 70= 60 10 (60+10)...

A aucun moment dans tout ma scolarité, on ne m'avait laissé explorer et on ne m'avait laissé découvrir par moi-même ces notions si évidentes.

On m'avait enseigné à compter, j'avais appris par coeur. Et si jamais j'oubliais, je n'avais alors aucun outil pour m'aider à me souvenir, aucun outil logique qui aurait pu m'aider à trouver la réponse par moi-même.

Robin,  mon fils âgé de 3 ans et demi, nous a surpris un matin. Il venait de nous rejoindre dans notre lit et s'est spontannément mis à compter. En soi, rien de surprenant, cela fait un long moment maintenant qu'il est concentré sur ce sujet.

Il se mit donc à compter de 1 jusqu'à 10 sans aucun problème, puis de 11 à 19 en oubliant la moitié des nombres et finalement de 20 à 29 sans une seule erreur.

Les seules fois où il avait pu entendre compter jusqu'à 30 étaient lors de parties de cache-cache avec son papa.

Il n'a pas été compliqué de comprendre que Robin avait compris la logique par lui-même dans le dénombrement: 20, 20 et 1, 20 et 2, 20 et 3... ce qui n'est pas du tout le cas avec les nombres tels que "onze", "douze", "treize"... et que là, pour le coup, cela lui demande un travail supplémentaire de mémorisation.

Robin n'a pas eu besoin qu'on lui enseigne pour apprendre. Il a appris par déduction, en associant des expérimentations entre elles et il a testé comme un scientifique le ferait.

Bien-sûr à l'instar de la dizaine, il commet des erreurs, mais comme le reste, il finit par maîtriser le sujet en expérimentant, modifiant, adaptant et en testant jusqu'à ce que le résultat soit satisfaisant.

Je comprends les inquiétudes des familles qui ont choisi l'IEF. La pression de l'État est toujours plus menaçante et la plus pénible vient souvent de l'entourage direct, qui s'inquiète que l'enfant n'est pas encore acquis telle ou telle donnée (d'après des critères qui leurs sont tout à fait personnels d'ailleurs et qui sont très largement discutables!)

80% de ce que nous avons appris à l'école (c'est à dire de nos 3 ans à nos 18 ans, ou plus) sont oubliés dès notre entrée dans la vie active.

Ce que nous avons conservé en revanche, ce sont les informations que nous utilisons quotidiennement, celles qui nous ont passionnées et celles que nous avons expérimentées. Ces souvenirs sont propres à chaque individu. Il n'y a pas de mieux ou de moins bien. Elles sont seulement relatives à la personnalité et au vécu de chacun.

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Il y a encore tant à dire sur les mécanismes et fonctionnements du cerveau, sur la hierarchisation des matières (maths et sciences VS arts et langues, pourquoi???) Quoi qu'il en soit, il y a toujours 3 mots qui reviennent constamment dans les apprentissages autonomes, autogérés, unschooling, free learning... peu importe la dénomination, ce sont la CONFIANCE, la LIBERTÉ, et l'AMOUR.

Nous avons choisi cette vie pour notre famille et nous avons le plaisir chaque jour de pouvoir observer les évolutions dans les apprentissages de notre fils. Les apprentissages permanents que les apprentissages autonomes provoquent, à l'instar de Robin lorsqu'il était bébé et que chaque étape se faisait naturellement sans notre intervention (langage, motricité libre, DME...), sont passionnants à observer. Chaque jeu et expérience que vit Robin est vévu avec ENTHOUSIASME et CONCENTRATION. De même que Robin apprend l'anglais SPONTANNÉMENT en observant simplement ses camarades et en intéragissant avec eux comme il le faisait lorsqu'il était bébé et qu'il cherchait à communiquer avec nous dans sa langue maternelle.

Si vous avez peur du mot "LIBERTÉ", si vous êtes inquiet sur votre capacité à offrir un environnement suffisament riche à vos enfants, si vous avez peur qu'ils ne puissent pas obtenir de diplôme et de réaliser de hautes études, si vous ne vous sentez pas capable de pouvoir répondre aux questions de vos enfants...,je vous glisse ci-dessous des références. J'espère qu'ils vous aideront à prendre confiance en vous, à réaliser quel est votre incroyable potentiel et celui de vos enfants, et qu'ils vous armeront dans cette aventure somme toute exceptionnelle.

Quelques ouvrages sur le sujet:

51Gr+jXwI1L 413TKzEf6tL 582665 couv1_mee_med Libres-enfants-de-Summerhill

En espérant pouvoir vous rencontrer au Home Educating Families's Festival à Stonham Barns en Angleterre du 26 juillet au 2 août 2017.